Gérer ses intolérances alimentaires

Je sais maintenant depuis plus de 10 ans que je suis sujette aux intolérances alimentaires. Au fil du temps et des tentatives d’adaptation de mon alimentation, mes intolérances à l’un ou l’autre aliment augmentaient ou diminuaient en fonction de ma quantité d’absorption.

Il y a 1 an, la conjugaison avec une période de très grand stress a fait exploser mon immunité. Incomprise par le corps médical, j’ai commencé à chercher de l’aide sur Internet. Rapidement, Suzie est apparue comme la plus compétente en la matière.

Avec son aide, et la lecture de plusieurs livres de références, il m’a fallu:

  • Etape 1: désintoxiquer le corps
  • Etape 2: réintroduire un à un les aliments
  • Etape 3: créer une routine permettant d’exclure tous les aliments sources d’intolérance
  • Etape 4: créer une routine permettant la rotation des aliments

Etape 1: désintoxiquer le corps

Consommer les 4 même aliments non-allergènes (du riz, un légume vert, un fruit, une viande blanche, assaisonnés d’huile d’olive) pendant une semaine à 10 jours, c’est loin d’être facile, et c’est pourtant une délivrance folle pour le corps: plus de maux de dos, une énergie, une légèreté et un moral retrouvés. Heureusement Suzie était là pour prendre de mes nouvelles et pour me soutenir.

Cette étape m’a aussi permis d’identifier la nécessité d’un passage chez une ostéopathe spécialisée en maxillo-facial pour soulager ma colonne vertébrale.

Etape 2: réintroduire un à un les aliments

C’est là, je pense, l’étape la plus difficile. A la fois pratiquement et moralement: plus question de sortir de chez soi, car chaque nouvel aliment met 3 jours à être évacué du corps. Donc il faut y aller lentement… du coup, pas de restaurant, pas de sorties chez la famille et les amis à moins de venir équipée de son plat préparé.

Heureusement, le tour des principaux ingrédients est fait en quelques semaines seulement. Grâce à l’étape précédent, j’avais pu constater comment se sentait mon corps sans toxines. A chaque nouvel aliment, mon corps m’alertait dans les 3 jours si celui-ci m’était toxique ou pas. J’ai ainsi pu ajouter le gluten et le jaune d’oeuf à ma liste d’aliments à éviter; cliniquement, je savais déjà que j’étais intolérante au lactose, à la protéine de lait et à la tomate.

Etape 3: créer une routine permettant d’exclure tous les aliments sources d’intolérance

Cette étape-ci demande beaucoup de rigueur, car il faut lire TOUTES les étiquettes de TOUS les aliments que l’on achète, et se renseigner sur quel produit contient quel allergène.

Pour le gluten, c’est à peu près un cauchemar. Le point TRES positif néanmoins de cette découverte, c’est que je me suis rendue compte que j’avais le moral dans les chaussettes 1,5 jours après avoir mangé un plat contenant du gluten. Ca aide à relativiser les coups de blues!

Ma philosophie est devenue: acheter au moins transformé, au mieux. Car les principaux allergènes (qui sont maintenant mis en clair sur les étiquettes, alleluya) sont surtout utilisés dans les préparations en sauce ou en texture (le gluten permet d’épaissir les préparations), et dans les plats préparés et les charcuteries (le lactose est utilisé comme conservateur).

Les points les plus complexes à gérer sont:

  • les restaurants et les amis utilisent TOUS une partie d’aliments préparés, mes intolérances le confirment. Et le corps met 3 jours à les évacuer.
  • la cuisine étant de la chimie, il n’est pas réaliste de simplement remplacer un aliment usuel par un autre non allergène. Il faut donc réinventer sa manière de cuisiner; en allant piocher dans la cuisine des autres cultures et continents, par exemple (en Afrique, dans mon cas).
  • il faut éviter de tomber dans le travers du mono-aliment-qui-sauve-tout: par exemple, il est assez facile de devenir allergique au soja si on en consomme trop fréquemment.

Etape 4: créer une routine permettant la rotation des aliments

Une fois que les éléments allergènes sont évacués du quotidien, on se sent déjà nettement mieux. Mais il faut rester vigilant, car tout écart trop fréquent nous replonge dans l’intoxication.

Suzie m’avait bien expliqué ce principe de rotation des aliments: comme dit le dicton, « il faut varier ses toxines« . Ok, mais plus facile à dire qu’à faire.
Après un an de recherches et de lecture, il me semble arriver à un point relativement satisfaisant. Je me dis qu’il est donc temps de partager mes trouvailles avec vous.

Enseignement du jour: les crêpes se préparent différemment selon le type de farine dont elles sont faites. (Et pour le manioc, j'ai tout faux)

Enseignement du jour: les crêpes se préparent différemment selon le type de farine dont elles sont faites.
(Et pour le manioc, j’ai tout faux)

Le principe est donc de changer chaque jour d’aliments, et de consommer un même aliment après 5 jours. Je vous l’ai dit, c’est un challenge!

Première lecture essentielle pour nous aider à bien comprendre les besoins de notre métabolisme individuel: Les secrets de l’intestin, filtre de notre corps. Ce livre contient des tests à faire soi-même et des conseils pratiques pour construire cette rotation des aliments.

Sur base de toutes ces connaissances, j’ai investi dans plusieurs équipements:

  • Un multi-cuiseur programmable, qui me permet de cuire et de réchauffer lentement mes repas: je le programme le matin et quand je rentre le repas est prêt, chaud, et délicieux!
  • Un appareil à mettre sous-vide, pour conserver mes préparations plus longtemps; je peux ainsi préparer mes galettes aux farines différentes en une fois, puis les consommer au fur et à mesure, un type différent chaque jour.
  • Des pots de yaourt de yaourtière, pour doser mes desserts, produits ou achetés en grande quantité (de la compote de pommes bio sans sucre ajouté, par exemple).
Ma technique de crêpes s'améliore  #happy feat. farines de sarrasin, pois chiche, châtaigne, maïs, fécule de pomme de terre + flocons de millet

Ma technique de crêpes s’améliore #happy
feat. farines de sarrasin, pois chiche, châtaigne, maïs, fécule de pomme de terre + flocons de millet

Avec cet équipement, j’ai pu passer à la vitesse supérieure en terme de routine d’alimentation rotative:

  • au petit-déjeuner:
    • une source de glucide: 3 petites galettes maison
    • une source de protéine animale (charcuterie sans lactose, poisson, volaille)
    • une boisson chaude (infusion de bâton de cannelle, verveine, infusion d’épices)
  • au déjeuner:
    • une céréale complète (riz, quinoa, sarrasin, etc.)
    • une légumineuse (lentilles, haricots rouges, pois verts, etc.)
    • une ration de légumes de saison
    • une viande, si possible similaire à celle du petit-déjeuner
    • un dessert sucré (si possible un sans trop grand pouvoir glycémique)
  • au souper:
    • une céréale complète (riz, quinoa, sarrasin, etc.)
    • une légumineuse (lentilles, haricots rouges, pois verts, etc.)
    • une ration de légumes de saison
    • un dessert sucré (si possible sans un trop grand pouvoir glycémique)

Attention, ceci n’est qu’un exemple illustratif qui convient à mon métabolisme, il n’est donc pas à prendre comme universel: consultez un micronutritionniste pour vous faire accompagner dans ce processus.

Pour vous aider, je vous recommande particulièrement ces trois livres de recette:

 La suite de l’histoire

Tout votre feedback est le bienvenu!

3 réflexions au sujet de « Gérer ses intolérances alimentaires »

  1. Ping : Sortir de ses intolérances alimentaires - Les astuces ecolobio de Marina, et les magasins qui vont avec.

  2. Je devrais aussi faire le bilan de ma digestion et des intolérances que je suppute/crains. Je ne savais pas trop par qui, par où commencer, mais ton billet me donne des pistes, merci!

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